Soignez les détails et fermez votre braguette !

 

Nous sommes principalement des êtres visuels. Lorsque nous entrons en communication avec une personne que nous ne connaissons pas, nous allons davantage être interpellé par des détails de son aspect physique que par ses paroles. Un bouton cassé va retenir toute notre attention.

Nous connaissons également bien l’effet de supériorité de l’image. Les images sont, on le sait, bien mieux mémorisées que les mots.

Nous constatons aussi que si les images nous attirent, l’aspect visuel d’un orateur, par exemple, provoque une réaction plus vive dans notre cerveau que son discours.

Faites passer une femme superbe dans une réunion d’hommes, même très concentrés et il est probable que l’un d’eux bredouille, qu’un autre se gratte le cou, que le troisième renverse sa tasse de café…

Faites passer une femme moins superbe dans une réunion d’hommes et ils resteront concentrés.

La même expérience avec un homme sublime fonctionne aussi dans un groupe de femmes, évidemment.

Bref, nous le savons : nous retenons davantage nos cours d’Histoire si nous avons vu un film sur Napoléon ou un documentaire sur les guerres puniques. Un Powerpoint sera plus apprécié, compris et mémorisé si il est illustré et il est plus facile d’étudier quand les profs ajoutent des photos et des vidéos à leurs cours.

Lorsque nous prenons la parole en public, il faut donc s’attendre à ce que l’on nous regarde avant de nous écouter.

Et le moindre couac visuel va distraire le public et l’éloigner de votre message.

Ce n’est pas le moment d’avoir une tache de sauce tomate sur sa chemise, une cravate vert pomme, un décolleté trop plongeant ou une feuille de persil entre les dents. Si vous voulez que le public vous écoute, il va falloir soigner les détails.

 

J’ai pourtant bien tenté de rester concentrée sur le discours prononcé par la personne ci-dessous, mais l’image perçue et le petit détail oublié ont mobilisé toutes les ressources de mon intelligence. Je ne pense pas être la seule à n’avoir absolument rien écouté de sa présentation. Et je me demande ce que ses collègues ont répondu quand il est descendu de scène, demandant un avis sur sa performance…

Braguette

 

Ça me va bien de faire la leçon, me direz-vous…

Lors de mon passage à la télévision, pensant bien qu’il fallait prendre soin de mon image, j’ai laissé tomber mon collier. Sur le micro, évidemment, pour ajouter une petite touche de son délicat.

Si je voulais tenter une expérience et examiner le taux de commentaires « contenu/contenant », j’étais servie.

bqe90

 

De mémoire, voici grosso modo les résultats :

Parmi ceux qui ont regardé la séquence, qui m’ont soit téléphoné, soit écrit un message sur les réseaux sociaux ou par mail :

90% m’ont parlé du collier

Dans les 10% restants, certains n’avaient rien remarqué, ou avaient pris la séquence en cours ou encore n’ont pas osé en parler.

La moitié de ces 90% n’a pas du tout évoqué la raison pour laquelle j’étais interviewée, se focalisant uniquement sur ce malheureux bijoux cassé.

 

Attention, je parle seulement d’un collier qui tombe, pas d’une bombe qui explose, non. Juste un « petit truc anodin »…

Imaginez donc s’il s’était agit d’une panne d’électricité, ou d’une chute de l’orateur.

 

Que faire donc s’il vous arrive ce type de mésaventure ? Ça ne sert à rien que le nier, tout le monde a vu que votre chemisier devenait transparent sous les spots, que dans l’empressement vous avez mis votre robe à l’envers, que votre pantalon a craqué lorsque vous vous êtes baissé, que vous avez marché dans la boue en sortant de votre voiture, que le verre d’eau que vous venez de prendre en main n’a pas trouvé le chemin de votre bouche mais celui de votre chemise…

 

Faites preuve d’humour et d’humilité. Riez-en avec le public. Rendez-le complice.

–       Depuis le temps que je porte des chemises blanches, je sais pourtant très bien qu’il faut éviter la Bolognaise.

–       J’étais tellement pressé de venir vous voir que la manche de ma veste a préféré sortir de la voiture toute seule.

–       J’ai mangé de l’ail ce midi pour être sûr que personne ne me pose aucune question de trop près.

–       Mon enthousiasme à l’idée de venir vous parler n’a pas chu en même temps que moi en montant les marches.

 

Vous dissiperez immédiatement tout malaise. Et bonus : on vous trouvera sympathique.

Geneviève

 

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