Les bonnes Révolutions de l’an 19

Révoltez-vous et mettez toutes les chances de votre côté

Ah, les jolies promesses que l’on s’est faites, il y a déjà un petit mois… Que l’avenir nous semblait doux, convaincu·es que nous étions, de bien les tenir « cette fois ».

Pourtant, Tonton l’avait bien dit, le poing sur la table : cette année, plus une goutte d’alcool. Et vous avez opiné en levant votre verre. Un petit dernier pour l’année !

Et puis… et puis janvier est arrivé avec son lot de colères, de frustrations, d’agacements et les résolutions futiles ont cédé la place aux révolutions. Les bonnes révolutions !

Si, dans cet article, je vous parlais de résolution, j’aurais beaucoup de mal à faire un rapprochement avec la prise de parole. Mais quand il s’agit de révolution,  on est en plein dans le mille !

Parce que la révolte, ça se mène avec des actes mais aussi avec des mots. Avec des slogans scandés dans le porte-voix, avec des espaces de paroles volés devant une caméra, avec des discours sauvages, mais aussi des interviews dans la rue ou dans des lieux bruyants, dans un environnement qui n’est pas toujours très réceptif, voire hostile.

Alors vos messages de révolutions, comme ils risquent d’être interrompus à tout moment, ils se préparent. Et ce serait dommage de ne pas leur donner la portée qu’ils méritent.

Pensez à ceci :

En effet, souvenez-vous : Le droit de vote des femmes ? Trois étapes. Faire comprendre que la terre est ronde ? Trois étapes. D’autres exemples ? La place des femmes dans les médias ou encore le réchauffement climatique ?… ah non, on en est seulement à la première.

Et c’est dans ce moment charnière, celui où votre vérité est ridiculisée qu’il faut pouvoir argumenter, rétorquer, convaincre, motiver.

Votre prise de parole, si elle est bien ficelée, pourrait même vous faire sauter la deuxième étape : la forte opposition. Quel gain de temps !

 Allez, zou, 7 astuces : 

 1 – Préparez-vous ! De la révolte à la révolution.

Mêmes les colères s’organisent. Prenez le temps de bien préparer vos interventions. Documentez-vous, écrivez les phrases les plus percutantes et prévoyez des moments pour répéter à voix haute avec des ami·es. Non, ce n’est pas l’étape la plus fun mais c’est celle qu’il ne faut pas zapper.

2 – Ciblez !

Que voulez-vous obtenir et produire comme effet ? Que vont penser ceux et celles qui écoutent vos paroles ?  Et qu’attendez-vous d’eux ? Votre message sera formulé différemment si vous parlez à des responsables politiques ou des enseignants, à des passants ou à des jeunes par exemple. Un bon exercice est de continuer la phrase : « ce que j’attends de vous, c’est… ». Et soyez le plus précis possible, avec des exemples très très concrets.

3 – Prenez position !

Physiquement, prenez de la place, votre place.  Profitez d’un escalier si vous êtes dans la foule, grimpez à au moins 60 cm de haut. Plus, c’est mieux.  Et restez la tête haute, les jambes bien ancrées dans le sol. Bien sûr aussi, les mains à hauteur de tronc et les bras ouverts. Quand vous parlez, prenez-vous pour Martin Luther King, Angela Davis, un membre des Pussy Riot, au choix, ça va vous aider !

4 – Donnez de la voix.

Pas le moment de murmurer. Si vous dites quelque chose de génial mais que personne ne vous entend, c’est dommage. Une belle voix claire ça, se travaille aussi. Chantez un peu avant de partir, en même temps ça vous mettra de bonne humeur. 

5 – Regardez la réalité en face.

Et regardez surtout votre public ou la caméra. Pas votre fiche, ni votre discours. Sinon, c’est que vous n’avez pas préparé, retournez au point 1.

6 – Engagez-vous !

Et engagez les autres. Profitez-en pour rendre votre prise de parole interactive. Interpelez la foule, posez des questions, (pas trop ouvertes, sinon on risque de vous piquer la parole) : qui est avec nous ? Et surtout, entourez-vous de personnes qui sont de votre côté si vous êtes interviewé·e. Et qui vont empêcher l’une ou l’autre andouille de faire le clown derrière vous quand vous êtes filmé·e. 

7 – Défendez-vous !

Préparez vos arguments aussi contre vos détracteurs. Surtout s’ils tentent de vous infantiliser ou de ridiculiser votre mouvement.

Des exemples récents, que vous avez probablement lus à propos des jeunes qui manifestent pour le climat ou des gilets jaunes : 

  • Vous n’êtes pas cohérents
  • Réponse : C’est facile d’être cohérent quand on se fiche de tout.
  • Allez d’abord ranger votre chambre
  • Réponse : Je rangerai ma chambre quand vous aurez rangé la planète

Préparez donc des ripostes aux remarques classiques : 

  • Vous n’êtes pas crédibles, aucune organisation.
  • Il y a des causes plus importantes.
  • On ne peut plus rien dire… et la liberté d’expression ?
  • On ferait mieux de s’occuper des SDF !

Et j’en passe…

En rentrant : compilez tout ce que vous trouverez sur le net à propos de l’événement. Rangez tout ça dans un dossier et allez prendre un bain. C’est mérité !

Bonne année et tenez bien toutes vos révolutions !

Geneviève

Et pour vous entrainer, le Takattak Trash ci-dessous, pour apprendre à avoir réponse à tout et le livre “97 exercices décalés”, pour s’exercer en rigolant.

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