Le trac : ce délicieux frisson

Pourquoi certains ou certaines prennent carrément leur pied lorsqu’on leur demande de prendre la parole en public… tandis que d’autres préfèrent disparaitre dans le néant de la transparence éternelle, plutôt que de monter sur scène ?

Voici le secret : le délicieux frisson qui vous parcourt l’échine quand les regards sont braqués sur vous n’a pas d’équivalent.

Grimper au sommet du Kilimanjaro, mettre pour la première fois le pied sur Mars, s’éclater dans la plus folle des montagnes russes… : rien de comparable à ce moment où le public lève les yeux sur vous, la bouche légèrement ouverte. Ce moment où vous savez que maintenant, précisément, tout peut basculer. Votre crédibilité, votre leadership, l’admiration que vous voyez dans leur regard… tout peut s’éteindre d’un coup si vous laissez échapper un jeu de mot scabreux ou un léger renvoi dans le micro.

Votre avenir n’en mène pas large. Vous l’avez entre vos mains et, pouvoir suprême, vous pouvez tout faire échouer, en une seconde !

Cette « nudité », que beaucoup redoutent, vous la trouvez exaltante. Une planète d’adrénaline ! Vous adorez le risque que vous prenez. Parfois, pour vous tester, ou parce que le stress commence à redescendre un peu trop vite, vous vous mettez volontairement en danger : vous tentez un néologisme hasardeux ou un peu d’humour provocant, vous titillez votre public et vous jouez délicieusement avec le feu.

Et dire que certains redoutent le trac ! Que les « astuces pour combattre le stress » sont légion ! Savent-ils seulement ce qu’ils ratent, ceux qui fuient les battements de cœur bruyants qui explosent  dans la poitrine ? Les mains qui tremblent, la bouche qui s’assèche subitement ?

Vous vous sentez incroyablement vivant ! Le monde vous appartient ! Votre présence sur scène est un énorme orgasme !

Et lorsqu’arrive la fin, vous remerciez votre public, qui ne se doute pas un instant du plaisir intense qu’il vient de vous procurer. Vous transpirez un peu, quelques gouttes froides descendent lentement le long de votre dos… et vous n’attendez plus qu’une chose, que l’on vous demande : « Dis, tu ne ferais pas la prochaine présentation ? »

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