Comment communiquer avec ceux et celles qui veulent se déconfiner un peu trop rapidement.

Et se ruer dans les commerces comme la vérole sur le bas clergé…

C’est pas gagné. Voici la bataille que nous allons devoir mener dès aujourd’hui. Bien sûr, nous pestons et levons les yeux au ciel quand nous regardons le monde se ruer dans les magasins comme un premier jour de soldes après une période de famine. Ou pire : festoyer à force embrassades et léchouilles dans les jardins de l’un ou de l’autre, s’époumonant jusqu’à l’aube en se noyant le gosier…

 

Nous pestons, mais nous n’allons rien dire.

D’abord, parce qu’on n’est pas des balances et que chacun vit sa vie, même si on sait que cette insouciance-inconscience risque de rejaillir sur la santé collective. Mais on se tait. On est des gens bien. Discrets.

En revanche, quand il s’agit de nos proches (et d’autant plus de nos mioches, notre conjoint qui pète une durite ou nos parents incontrôlables) qui trouvent urgeeeentissime de se faire un shopping de printemps, d’aller voir Lola-Eliot-Clara-Lucie-Jacqueline-Jean-Pierre-Maurice « qui m’ont teeeellement manqué », d’acheter en une journée tout ce qu’on a fini par trouver inutile en deux mois, là, on l’a mauvaise.

Tels des diablotins dans leur boite, rongeant leur ressort avec des yeux voraces, ils attendent leur revanche. Si vous les regardez bien, depuis deux jours déjà, la veine qui traverse leur front bat la chamade. Comme après des années d’incarcération injustifiée ou pire, comme juste à la fin des études secondaires, (souvenez-vous !) nos diablotins n’ont qu’une idée dans tout leur corps : rattraper le temps perdu, puissance 100 !

Comment empêcher le désastre ? Et le retour à la case confinement , parce que, on le sait, si la première fois est toujours la meilleure, la deuxième sent le rance…

 

Expliquer, raisonner : Sérieusement, pour la santé mentale de toute le monde, il vaut mieux que vous preniez un verre de vin dans un coin retiré de votre habitation. Raisonner et expliquer, on a déjà essayé, non seulement ça ne fonctionne pas mais ça produit souvent l’effet inverse. Du raisonnement, ça fait deux mois qu’ils en bouffent.

Interdire : au-delà de 10 ans, (voire avant) et jusqu’aux 85 (voire après) aucune chance. Et les attacher avec des élastiques de masques est laborieux, j’ai essayé.

Leur couper (mal) les cheveux : ça fonctionne ! Jusqu’à ce que l’un ou l’autre trouve ça cool, de sortir avec des petits trous sur le crâne.

Responsabiliser : Si ça ressemble à une leçon de morale, c’est mort. Sauf si… vous passez à l’étape suivante…

S’irresponsabiliser soi-même, changer de posture et râler plus qu’eux et elles : Ça fonctionne à fond ! Rien de neuf, il est bien plus facile et motivant de se sentir responsable lorsque l’on fait face à un quelqu’un qui ne l’est pas du tout.

—Méthode pratique—

Alors là, Il faut jouer le jeu à fond. Tournez (littéralement) en rond, maugréez. Faites la liste, de façon quasi psychotique, des achats inutiles et « urgents » qui vont vous prendre des heures dans les magasins. Et puis continuez avec la liste des personnes que vous n’aimez pas trop mais que vous voulez quand même embrasser, parce que c’est votre droit, crotte ! Enchainez avec les noms des commerces dans lesquels vous devez aller impérativement demain pour acheter le lit dont vous n’avez aucun usage mais on ne sait jamais ou le micro-ondes qui ressemble trait pour trait au vôtre. (Choisissez des grandes enseignes évidemment, pas des petits commerces qui ont bien besoin de vous). Échafaudez un plan machiavélique pour prendre l’avion en cachette et laissez vos notes trainer sur la table. Pestez sur le virus, les masques, les dirigeants, le vaccin qui ne vient pas assez vite, ce gel hydromachin qui vous bousille les mains, avec une voix forte et aigüe. Injectez vos yeux de sang et laissez couler un filet de bave au coin de vos lèvres. Perdez-en vos mots…

Jouez le jeu de l’immaturité en geignant pendant de longues minutes. Vous verrez, c’est jubilatoire, mais il faut s’entrainer un peu ! Et continuez jusqu’à ce que ce soit eux qui vous lâchent, les yeux écarquillés : Sérieusement ? Non mais, t’abuses ! Et retournent s’asseoir en prenant un bouquin. (On peut rêver)

 

Geneviève

 

 

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