En public, j’ai une tête d’andouille

« Oh ma tête ! Mais je suis moche ! Non, je ne veux pas me voir ! Je ressemble vraiment à ça ? Mais c’est quoi cette allure ? »

Voilà quelques commentaires que l’on peut entendre quand on se voit pour la première fois en vidéo. La deuxième aussi. Et parfois, on ne s’y fait jamais. Donc oui que ce soit bien clair : vous ressemblez à ça. Et si vous vous trouvez andouillesque, vous n’avez qu’à changer.  À l’attaque !

Si vous trouvez cet exercice à la fois génial et hyper efficace, sachez qu’il sort tout droit d’un vieux grimoire malicieux : “97 exercices décalés pour prendre la parole en public” que vous retrouverez en bas de l’article.

Exercice : Faire l’Andouille

Avertissement : 
Si vous souffrez déjà d’un trouble de la personnalité 
multiple, évitez l’exercice

Durée : 
1 minute ou 2, sous peine de vous identifier réellement

Matériel : 
De quoi écrire et une bonne dose d’autodérision

Objectif : 
Se désandouiller

Le meilleur moyen de se désandouiller, c’est d’aggraver son cas, de s’andouiller à l’extrême. Pour constater ensuite, que vous n’êtes pas si mal. Il y a bien pire (on peut toujours trouver…).

Pour un résultat optimal, jouez-le à fond !

Plan d’action en 5 étapes

1. Voici quelques portraits de piètres orateurs, de ceux que l’on redoute de devoir écouter. Toute comparaison avec des orateurs ou oratrices  célèbres…blablabla…

Amédée :

Il parle beaucoup trop vite, sans respirer. Il pense que les silences sont inutiles ou que le public risque de décrocher s’il y a des « vides ». Sa gestuelle est raide. Il marche de façon saccadée. Il a de petits rires aigus qui ponctuent ses phrases.

Huguette :

Elle veut en imposer. Donc elle a une voix forte et agressive. Parfois nasillarde. Elle a le cou trop droit et tourne la tête de gauche à droite comme un suricate. Elle pince les lèvres quand elle voit qu’on ne l’écoute pas. Ses gestes sont secs.

Placide :

C’est la mollesse incarnée ! Il est lourd, lent, il bafouille. Il est pâteux, sans énergie. Il perd ses mots, n’a aucun message précis à délivrer. Il marche lentement, traine les pieds et a un rire gras.

Désirée :

Quel désordre ! Désirée bafouille, mange ses mots, avance d’un pied, recule d’un autre, tord ses mains et rougit. Elle se gratte un peu, perd le fil, pleure presque et voilà, tout est à recommencer…

Clotaire :

Il connaît bien son sujet, trop bien. Et il a du mal à le délivrer. Son ton est monocorde, sa voix blanche, sans intonation. Il déroule le fil de son intervention sans interruption. Il est droit, tente maladroitement un mouvement, mais il est en en totale inadéquation avec le message. Il disparaît sous son discours.

Laudine :

C’est un tout petit filet de voix. Très léger, on l’entend à peine. Alors pour compenser, Laudine en fait trop, elle gesticule dans tous les sens, écarte les bras, se déplace de gauche à droite, rit nerveusement.

2. Sélectionnez un personnage et peaufinez-le.

Par exemple si vous avez choisi Clotaire, qui s’exprime de manière insipide et morne, souvenez-vous qu’il ressemble certainement à quelqu’un que vous avez déjà vu (Un prof ? Un collègue ?) et poussez-le à l’extrême. Clotaire a le teint grisâtre, il est terne. Passez un moment à le décrire avec moult détails, en quelques lignes.

3. Choisissez un thème d’improvisation :

J’ai traversé l’Europe à pied

Mon expérience du ménage sans produits ménagers

5 ans sans tabac ni alcool ni chocolat

J’ai transformé ma vie en quelques jours grâce au confinement

Le jour où j’ai enfin compris, grâce à ce livre

Une rencontre déterminante au Kazakhstan

Le sport idéal pour recommencer à prendre soin de soi

Et si on changeait tous les noms de rue ?

J’ai découvert une nouvelle religion, ça va vous plaire !

Savez-vous planter les choux ?

4. Amusez-vous à caricaturer les caricatures.

Vous avez votre personnage, vous avez un thème d’improvisation ?

Lancez-vous pendant une minute. Mettez-y tout votre potentiel d’andouille. Si vous en avez l’occasion, filmez-vous.

Et là, le miracle se produit : Vous voyez, par comparaison, que vous n’êtes pas si nul que ça. Plus vous poussez l’exercice à l’extrême, plus vous gagnez des points de confiance en vous. Cela ressemble à un jeu, mais en fait, c’est une potion magique. Et si vous ne me croyez pas, c’est parce que vous n’avez fait que lire ces lignes, sans passer à l’action.

5. Variantes :

Jouez à plusieurs, chacun choisissant un personnage. Vous pouvez aussi  prendre chacun le même thème ou en changer. Faites-le ce soir, entre amis, en famille… ça va vous améliorer l’apéro !

Geneviève

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