7 astuces hyper efficaces pour réussir ses examens oraux

Même quand on est mort de trouille et qu’on pense que c’est fichu

 

Les sous-doués de Claude Zidi

1. Répétez à voix haute

Ça, c’est LA BASE et c’est souvent négligé. Se préparer à un examen oral sans répéter à voix haute, c’est comme passer son permis de conduire sans être jamais monté dans une voiture. Ah non, ce n’est pas drôle de parler seul·e, surtout au début. Mais ça rapporte gros. Ce sera aussi le moment de travailler vos formulations de phrases, d’aller droit au but, etc.  Petit à petit,  vous prendrez de l’assurance et adieu bredouillements et bégaiements : votre voix sera bien plus limpide !

2. Chantez votre cours, dans la douche ou en dansant

Chanter ? Oui, chanter. Ça aide à la mémorisation. Hurler aussi et même danser en récitant. Vous allez dynamiser votre cerveau. Montez les escaliers en répétant à voix haute les noms de Présidents des Etats-Unis dans l’ordre et descendez-les en chantant le tableau de Mendelïev. En plus ça va vous dégourdir les jambes, ça ne va pas faire de tort !

3. Faites la liste de toutes les questions, même les questions improbables

Pour répondre aux questions qui vous seront posées, il ne suffit pas d’étudier son cours. Il faut… répondre aux questions. Donc, une fois que vous êtes imprégné·es de votre cours, dressez la liste des questions auxquelles vous répondrez, à voix haute bien sûr. Même les plus improbables et les plus stupides. Même les questions piège, Celles qui peuvent complètement vous mettre dedans ! Vous pouvez le faire en groupe, c’est sympa.

4. Expliquez l’intitulé du cours

En parlant de question improbable, en voici une à laquelle on ne pense pas souvent mais qui revient parfois (et je conseille aux profs qui me lisent de la poser, ça vaut de grands fous rires) : Pouvez-vous expliquer l’intituler du cours ? Allez, en quelques mots, qu’est-ce que l’histoire de la philosophie ?  Ben… Euh…

5. Imaginez le pire

Ça ne sert à rien de vous rassurer si vous pensez déjà que ça risque de mal se passer. Faites alors le contraire : imaginez  tout ce qui peut arriver de pire.

  • Le prof n’est pas seul mais accompagné d’un autre que vous détestez (et qui vous a dans le collimateur depuis longtemps).

 

Les sous-doués de Claude Zidi
  • Il ne vous écoute pas, lâche un “mmmmh” de temps en temps, ou au contraire ne vous lâche pas du regard.
  • Elle fait non de la tête, grimace, et pousse des soupirs d’exaspération, et finit par un « bon, bon bon… ce n’est pas terrible tout ça… »

Quand vous imaginez le pire, (puisque de toute façon vous allez le faire), ne vous autorisez ce plaisir de torture qu’à voix haute et avec des amis. N’hésitez pas à imiter le prof en exagérant ses travers, ça fait un bien fou. Effet anti-stress garanti !

 

Les sous-doués de Claude Zidi

Le jour J 

6. Prenez la pose, la POWER POSE  

Bien sûr, juste avant des passer un examen, on n’a pas envie de fanfaronner, on a l’allure molle, les cernes jusqu’au sol, les bras ballants et la sueur au front. Réveillez-vous les petits loups ! Ce n’est pas le moment de montrer tous vos mauvais côtés d’un coup ! Il vous viendrait à l’idée de vous présenter de la sorte, comme une pauvre chose cassée lors d’un premier rendez-vous amoureux. Bien sûr que non. Et là, c’est pareil. Sautez sur place et imaginez que vous avez déjà réussi votre examen. Et brillamment en plus.

Au lieu d’être rivé sur votre smartphone ou vos feuilles, en position fœtale, avant d’être soumis à La Question, redressez-vous, parcourez le couloir sinistre d’un pas fier. Levez la tête et emmagasinez de la testostérone et de l’audace avant d’ouvrir la porte.

7. Devant le prof : pas de soumission !

Une fois devant le prof, ne flanchez pas. Lancez un bonjour franc (franc, j’ai dit, pas arrogant !) et placez-vous bien au fond de la chaise (pas avachi non plus, juste au fond). Ne placez jamais, au grand jamais, vos mains sous la table et encore moins entre vos cuisses. Laissez-les sur la table, comme si vous deviez prendre vos couverts.

Si vous devez rester debout, tenez-vous bien droit et pensez que vous êtes le roi ou la reine de Prusse, donc pas de balancement, ni de croisement de jambes.

Ne vous placez pas en soumission, jamais. C’est détestable pour le prof et ça donne leur envie de vous torturer un peu avec des questions tordues. Ne les tentez pas !

Un bonus ?

Afin d’activer toutes vos ramifications cérébrales, pensez à mettre la musique à fond et à chanter et danser toutes les 2 heures, quand vous êtes en blocus.

Vous en voulez plus ?

Avant les examens de juin, lisez ces deux livres géniaux ci-dessous, et apprenez tout et bien plus, sur la prise de parole en public.

Allez, dansez et puis au boulot !

Geneviève

 

 

Un coaching en prise de parole, comment est-ce que ça se passe ?

On hésite souvent à faire appel à un coach pour quoi que ce soit : trop cher, trop risqué, peut-être inutile, et puis, en ce qui concerne la prise de parole en public,  on peut sûrement se débrouiller sans aide, après tout, parler, on le fait bien seul·e depuis longtemps.

Et pourtant quelques séances de coaching peuvent faire une sacrée différence quand vous prenez la parole en public, que vous animez une réunion, que vous devez motiver une équipe, passer un examen oral ou un entretien d’embauche.

Vous hésitez encore ?

Voici les questions que vous vous posez peut-être avant de sauter le pas. Si vous en avez d’autres, écrivez-les en commentaire, nous y répondrons rapidement.

Quel bénéfice est-ce que je vais en tirer ?

  • Une aptitude à convaincre avec une communication adaptée à vos interlocuteurs
  • Une capacité à vous exprimer comme si vous improvisiez
  • Une aisance en public, quelles que soient les circonstances, sans stress
  • Une communication plus fluide avec vos collaborateurs
  • De la confiance en vous, et en plus,  qui se voit à travers vos paroles et votre attitude
  • Et d’après ceux et celles qui ont suivi un coaching en prise de parole : une énorme différence sur le long terme.

Est-ce que c’est cher ?

Tout dépend de la durée du coaching et de l’énergie que vous y mettez. S’il ne vous faut que quelques séances ou si vous en désirez beaucoup, si nous devons ou pas nous déplacer. Parlons-en, à travers le formulaire de contact. Souvent nous entrerons en communication par téléphone avant de commencer.

Est-ce que c’est difficile ou stressant ?

On vous dit la vérité : c’est une partie de plaisir, on rit beaucoup aussi. Nous n’allons pas vous stresser au moment précis où vous avez besoin d’un coup de main. Par contre oui, il va falloir travailler.

Est-ce que c’est utile si je suis déjà à l’aise ?

On peut être à l’aise en public mais avoir une communication opaque ou trop dense. Être à l’aise n’est pas une fin en soi. Mais motiver, fédérer, captiver, convaincre, si.  Mais si vous êtes à l’aise,  c’est déjà un très bon début.

Et au contraire, si je suis hyper timide, est-ce possible ?

Bien sûr. Une fois les premières secondes passées, vous allez voir comme vous serez content·e d’être là.

Est-ce que je peux venir accompagné ?

Sérieusement, c’est mieux de venir seul·e, en face à face avec la personne qui vous coache. Le contact s’établira plus facilement et les résultats seront plus rapides.

Est-ce qu’on est filmé ?

Oui, mais pas toujours. Les vidéos sont effacées à la toute fin des séances. Mais vous pouvez demander à les conserver. Tout ce qui se passe en séance est confidentiel.

Ça va prendre combien de temps avant de voir les résultats ?

Tout dépend de l’énergie que vous mettrez pour atteindre votre objectif. Vous verrez déjà une belle différence après une première séance.  Mais comptez minimum 5 séances pour que les apprentissages soient ancrés.

Est-ce qu’on a du travail à effectuer entre les séances ?

Le travail que nous faisons en séance est important mais ce que vous préparez en dehors des séances est encore plus important.

Ah justement, les séances durent combien de temps ?

Minimum 2 h30 de travail intense. Oui c’est épuisant, mais vous en sortirez ravi·e.

Est-ce que je dois apporter quelque chose ?

Si vous le désirez nous pouvons travailler sur vos présentations, avec ou sans PPT

J’ai une présentation en public dans 3 jours. C’est trop tard ?

Oui et non. Nous avons des formules de « rapide coaching » pour les urgences. Mais après, revenez pour effectuer un travail en profondeur.

En résumé : c’est du boulot, mais du boulot enthousiasmant. Et croyez-le ou pas, avec 25 ans d’expérience, je peux vous le dire : comme pour le permis de conduire, si vous vous entrainez vraiment, vous pouvez devenir un excellent orateur ou une fabuleuse oratrice !

Bon alors, je vous appelle ?

À tout de suite !

Contact

 

Mais qu’est-ce que je dois faire de mes mains ?

 

Dès que vous prenez la parole, vous vous demandez ce que vous aller faire de vos mains ?

Voici un petit truc sympa pour régler ce souci une fois pour toutes, en 10 minutes. C’est un exercice tout droit sorti du livre “97 exercices pour prendre la parole, n’importe où n’importe quand et avec (presque) n’importe qui”, écrit en duo avec l’incroyable Chilina Hills, et paru aux éditions Eyrolles :

C’est cadeau. Mais il ne suffit pas de lire pour que ça fonctionne, jouez-le à fond ! Résultat garanti !

Exercice 13 – Le pantomime 

Avertissement : risque de fou rire, tout seul.

Durée : 10 minutes de pur bonheur.

Matériel : vos mains. Les deux.

Objectif : joindre le geste à la parole, enfin !

 

Illustration : Leslie Plée

Le pantomime est un acteur qui ne s’exprime que par le geste, la mimique. C’est dans sa peau que vous allez vous glisser pour cet exercice.

Choisissez un texte sur Wikipédia.

De notre côté, nous avons sélectionné « Tri des déchets » (mais « Escargot » ou « Carotte » feront l’affaire) et voici sur quoi nous tombons : 

« Le tri des déchets et la collecte sélective sont des actions consistant à séparer et récupérer les déchets selon leur nature, à la source, pour éviter les contacts et les souillures. Ceci permet de leur donner une “seconde vie”, le plus souvent par le réemploi et le recyclage évitant ainsi leur simple destruction par incinération ou abandon en décharge et, par conséquent, de réduire l’empreinte écologique. »

L’exercice consiste à lire le texte à voix haute, tout en le mimant. Mais pas mimer un peu, allez-y gaiement. Presque mot par mot, ne mimez pas uniquement l’idée globale.

Commençons par « tri », où vous pouvez montrer un geste de séparation. Nous vous laissons imaginer comment mimer « déchet ». Continuons avec « collecte », puis « sélective ».

C’est grotesque et ça ne veut rien dire ? C’est exactement ce que nous voulons.

Et n’oubliez pas que vous êtes seul devant l’écran. Ne faites pas ça lors d’une présentation solennelle.

Levez-vous maintenant et continuez à lire et à mimer au moins cinq lignes.

Vous allez voir que votre corps commence à prendre de la place. Détachez bien les bras du tronc, faites des gestes de plus en plus amples, placez vos pieds dans le sol, suffisamment écartés pour que ce soit confortable et continuez à mimer, tout en parlant.

97 exercices pour prendre la parole, c’est ici :

 

 

Soignez les détails et fermez votre braguette !

 

Nous sommes principalement des êtres visuels. Lorsque nous entrons en communication avec une personne que nous ne connaissons pas, nous allons davantage être interpellé par des détails de son aspect physique que par ses paroles. Un bouton cassé va retenir toute notre attention.

Nous connaissons également bien l’effet de supériorité de l’image. Les images sont, on le sait, bien mieux mémorisées que les mots.

Nous constatons aussi que si les images nous attirent, l’aspect visuel d’un orateur, par exemple, provoque une réaction plus vive dans notre cerveau que son discours.

Faites passer une femme superbe dans une réunion d’hommes, même très concentrés et il est probable que l’un d’eux bredouille, qu’un autre se gratte le cou, que le troisième renverse sa tasse de café…

Faites passer une femme moins superbe dans une réunion d’hommes et ils resteront concentrés.

La même expérience avec un homme sublime fonctionne aussi dans un groupe de femmes, évidemment.

Bref, nous le savons : nous retenons davantage nos cours d’Histoire si nous avons vu un film sur Napoléon ou un documentaire sur les guerres puniques. Un Powerpoint sera plus apprécié, compris et mémorisé si il est illustré et il est plus facile d’étudier quand les profs ajoutent des photos et des vidéos à leurs cours.

Lorsque nous prenons la parole en public, il faut donc s’attendre à ce que l’on nous regarde avant de nous écouter.

Et le moindre couac visuel va distraire le public et l’éloigner de votre message.

Ce n’est pas le moment d’avoir une tache de sauce tomate sur sa chemise, une cravate vert pomme, un décolleté trop plongeant ou une feuille de persil entre les dents. Si vous voulez que le public vous écoute, il va falloir soigner les détails.

 

J’ai pourtant bien tenté de rester concentrée sur le discours prononcé par la personne ci-dessous, mais l’image perçue et le petit détail oublié ont mobilisé toutes les ressources de mon intelligence. Je ne pense pas être la seule à n’avoir absolument rien écouté de sa présentation. Et je me demande ce que ses collègues ont répondu quand il est descendu de scène, demandant un avis sur sa performance…

Braguette

 

Ça me va bien de faire la leçon, me direz-vous…

Lors de mon passage à la télévision, pensant bien qu’il fallait prendre soin de mon image, j’ai laissé tomber mon collier. Sur le micro, évidemment, pour ajouter une petite touche de son délicat.

Si je voulais tenter une expérience et examiner le taux de commentaires « contenu/contenant », j’étais servie.

bqe90

 

De mémoire, voici grosso modo les résultats :

Parmi ceux qui ont regardé la séquence, qui m’ont soit téléphoné, soit écrit un message sur les réseaux sociaux ou par mail :

90% m’ont parlé du collier

Dans les 10% restants, certains n’avaient rien remarqué, ou avaient pris la séquence en cours ou encore n’ont pas osé en parler.

La moitié de ces 90% n’a pas du tout évoqué la raison pour laquelle j’étais interviewée, se focalisant uniquement sur ce malheureux bijoux cassé.

 

Attention, je parle seulement d’un collier qui tombe, pas d’une bombe qui explose, non. Juste un « petit truc anodin »…

Imaginez donc s’il s’était agit d’une panne d’électricité, ou d’une chute de l’orateur.

 

Que faire donc s’il vous arrive ce type de mésaventure ? Ça ne sert à rien que le nier, tout le monde a vu que votre chemisier devenait transparent sous les spots, que dans l’empressement vous avez mis votre robe à l’envers, que votre pantalon a craqué lorsque vous vous êtes baissé, que vous avez marché dans la boue en sortant de votre voiture, que le verre d’eau que vous venez de prendre en main n’a pas trouvé le chemin de votre bouche mais celui de votre chemise…

 

Faites preuve d’humour et d’humilité. Riez-en avec le public. Rendez-le complice.

–       Depuis le temps que je porte des chemises blanches, je sais pourtant très bien qu’il faut éviter la Bolognaise.

–       J’étais tellement pressé de venir vous voir que la manche de ma veste a préféré sortir de la voiture toute seule.

–       J’ai mangé de l’ail ce midi pour être sûr que personne ne me pose aucune question de trop près.

–       Mon enthousiasme à l’idée de venir vous parler n’a pas chu en même temps que moi en montant les marches.

 

Vous dissiperez immédiatement tout malaise. Et bonus : on vous trouvera sympathique.

Geneviève

 

Clouer le bec, c’est aussi pour passer une bonne journée.

 Riposter, rétorquer, répondre du tac au tac, pour le plaisir, bien sûr. Et pour ne pas passer pour une loque en plus. Mais également pour conserver ses relations et son estime de soi. Rien que pour ça, ça vaut le coup !
Un exemple ?

1La journée avait bien commencé. Je me suis levée à mon rythme, sans réveil. On entendait les oiseaux chanter. Les enfants étaient de bonne humeur, on a partagé un petit déjeuner sympa.

J’ai pris la voiture pour aller au boulot. Il n’y avait pas de trafic sur la route. Je me suis arrêtée pour laisser passer un vieux monsieur. Il m’a souri. Au bureau, Clara m’a fait des compliments sur ma nouvelle robe rouge. Et puis elle m’a raconté ses projets de voyage. On a bien travaillé, j’étais contente de moi. Ma boss est venue nous féliciter, ça m’a donné envie d’en faire plus encore.

Le midi, on est allées manger ensemble, toutes les trois, dans un resto, pas loin. Une petite salade et puis on s’est remises au boulot.

Le soir, les enfants ont fait leurs devoirs sans rechigner. On a préparé un plat de pâtes ensemble. Michel s’est concentré sur la bolognaise et il s’est blessé à la main en coupant les carottes. Sur le moment, ça nous a bien fait rire mais on est quand même partis aux urgences. Il a eu quelques points de suture et puis on est rentrés et on a bu un verre de vin avant d’aller se coucher.

Carrots

2La journée avait mal commencé. Je me suis levée avec des crispations dans le cou. Michel m’a reproché de ne pas encore avoir acheté un nouveau matelas. Il avait ronflé toute la nuit, je me suis fait un plaisir de lui faire remarquer. D’ailleurs j’avais enregistré ses ronflements sur mon smartphone.

Les enfants étaient en retard. Michel m’a dit que je manquais d’autorité.

En voiture, le trafic était dense. Au moment où je redémarrais après le feu, un vieux monsieur a traversé la route, juste devant moi. Il m’a lancé un regard noir et a hurlé un truc sur les femmes au volant.

Je suis arrivée énervée au boulot et je suis allée me remaquiller dans les toilettes, ça m’a donné un coup de punch.

Clara m’a dit que j’avais l’air fatigué, et elle a tordu sa bouche. Puis elle m’a scrutée de haut en bas. Quoi ? Elle ne me va pas, ma robe ? Ma boss est arrivée, a levé les yeux au ciel quand je lui ai remis le rapport sur lequel j’avais passé mon week-end et a tourné les talons sans dire merci.

Du coup, le midi, je suis allée manger seule. Une salade, parce que j’ai bien compris que Clara trouvait que j’étais boudinée dans ma robe.

Le soir, les enfants ont eu du mal à faire leurs devoirs, ils étaient turbulents et Michel m’a dit que je manquais d’autorité. Ça l’énervait alors il s’est coupé le doigt en coupant les carottes pour préparer la bolognaise. Aux urgences, le médecin a dit qu’il venait vraiment pour rien et qu’il n’avait pas que ça à faire. Michel qui déteste être humilié a fait la tête pendant tout le trajet, et m’a dit que si j’avais plus d’autorité, les enfants auraient fait leurs devoirs seuls et qu’il n’aurait pas dû s’occuper du repas et que tout ça ne serait jamais arrivé.

Il est allé se coucher. J’ai bu un verre de vin sur le canapé où j’ai finalement passé la nuit.

Carrots

3La journée avait mal commencé. Je me suis levée avec des crispations dans le cou. Michel m’a reproché de ne pas encore avoir changé le matelas. Je lui ai dit qu’il avait raison et que j’aimerais avoir son conseil pour l’acheter, il est plus doué que moi pour ça. (compliment)

Les enfants étaient en retard. Michel m’a dit que je manquais d’autorité. J’ai répondu qu’il allait manquer son train. (pirouette)

En voiture, le trafic était dense. Juste au moment où on redémarrait après un feu, un vieux monsieur a traversé la route, juste devant moi. Il m’a lancé un regard noir et a hurlé un truc sur les femmes au volant. Je lui ai répondu qu’il ferait bien de se mettre hors de ma route s’il ne voulait pas se faire enterrer cette semaine. (autodérision)

En arrivant au boulot, je suis allée me remaquiller dans les toilettes, ça m’a donné un coup de punch.

Clara m’a dit que j’avais l’air fatigué, et elle a tordu sa bouche. Je lui ai dit que j’avais passé une nuit d’enfer, que ça lui ferait du bien de temps en temps. (insolence) Puis elle m’a scrutée de haut en bas. Quoi ? Elle ne me va pas, ma robe ? J’ai tourné sur moi-même et j’ai dit : je suis trop canon avec ma nouvelle robe. (autodérision) Ma boss est arrivée, a levé les yeux au ciel quand je lui ai remis le rapport sur lequel j’avais passé mon week-end et a tourné les talons sans dire merci. Je ne l’ai pas pris personnellement, je me suis dit qu’il était temps qu’elle change de matelas.

Le midi, je suis allée manger une salade avec Clara parce qu’elle pense qu’elle doit faire attention à sa ligne pour avoir des nuits d’enfer aussi.

Le soir, les enfants ont eu du mal à faire leurs devoirs, ils étaient turbulents et Michel m’a dit que je manquais d’autorité. Je lui ai dit qu’il avait probablement raison et que c’est pour ça que j’étais tellement câline avec lui et puis je l’ai embrassé. (vérité) Il a ri et il s’est coupé le doigt en coupant une carotte. Il en met dans la Bolognaise. Aux urgences, le médecin a dit qu’il venait vraiment pour rien et qu’il n’avait pas que ça à faire. Michel hésité à rétorquer : « Désolé, j’ai bêtement cru que vous étiez médecin », (insolence) ou « Je suis une véritable chochotte, une goutte de sang et je m’évanouis », (autodérision) ou encore « Vous êtes tellement doué que ça va aller très vite » .(compliment)

On est rentrés à la maison, on a bu un verre de vin, et on a passé une nuit d’enfer, pour que Clara puisse me dire demain que j’ai l’air tellement fatigué.

 

Geneviève

 

Vous avez d’autres idées de ripostes ? Laissez donc un commentaire.

Répondre du tac au tac, exercer son esprit de répartie, c’est possible avec le jeu Takattak ou Takattak Family, spécialement conçu pour les enfants.

(Et là aussi : www.takattak.com  ou là : www.si-trouille.com et dans la foulée,

jetez un oeil ici : www.facebook.com/jeutakattak)

Les lieux communs : de béates platitudes

 

Les lieux communs sont coriaces! Ils s’intègrent dans nos conversations, on les retrouve en masse sur les réseaux sociaux, on les maudit, on ricane de ceux qui en abusent mais ils se faufilent toujours insidieusement dans notre bouche. Ils semblent immortels, plus présents encore lorsque nous sommes fatigués, ils sont à bout de langue, toujours prêts à donner de nous une image d’aculturé.

En voici que l’on peut entendre fréquemment. Imaginez que je choisisse un texte connu (je vous laisse deviner) et que je le moisisse avec une mixture de lieux communs. Ça donnerait à peu près ceci :

Robert Powell dans Jésus de Nazareth, 1977
Robert Powell dans Jésus de Nazareth, 1977

 

Les béates platitudes.

« Je suis très honoré de prendre la parole aujourd’hui.  Je n’irai pas par quatre chemins. On ne va pas refaire le monde mais je me permets de dire que ceux qui ont une âme de pauvre, enfin je veux dire : de très pauvre,  seront heureux. Oui, ils seront heureux. Parce que figurez-vous,  le Royaume des Cieux est à eux. Bon évidemment, un cas n’est pas l’autre. Il y a pauvre et pauvre. Je pense néanmoins être l’homme de la situation pour vous annoncer cela, que dis-je, qui doit !

De même, je n’exagère pas en disant que les affligés seront heureux aussi, et qu’ils seront très bientôt consolés, ça a toujours été le cas pour les affligés. La roue tourne, c’est la vie.

Je sais que je ne me ferai pas que des amis mais je pense personnellement que les doux seront heureux aussi, car ils posséderont la terre. C’est comme ça, c’est comme ça. Rien de nouveau sous le soleil.

Bon,  puisqu’on y est, on ne va pas faire les choses à moitié : heureux les affamés et assoiffés de la justice : ils seront rassasiés. Oui, il faut de tout pour faire un monde, je n’invente rien.

Au risque de choquer, (il ne faut pas se voiler la face) : heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Et ce jour sera à marquer d’une pierre blanche !

Les choses étant ce qu’elles sont, j’ajouterais : heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. A qui je rends ici un vibrant hommage. Moi-même, je l’ai vu de mes propres yeux. Et nous collaborons même très étroitement.

Je ne vais pas vous assommer avec des répétitions mais au jour d’aujourd’hui, nous pouvons dire sans risquer de trop nous tromper : heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.  Oui, fils de Dieu ! Appelons un chat, un chat !

Et regardons l’avenir en face : que les persécutés pour la justice soient heureux, car le Royaume des Cieux est à eux. Là il faut vraiment faire quelque chose pour les persécutés. C’est un impératif absolu.

Et je m’en voudrais d’oublier de vous dire : heureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toutes sortes d’infamies à cause de moi. C’est le vœu que je formule. Sincèrement. Voilà. J’ai fini. »

Indigeste ! Et pourtant, très courant à un dosage plus respectable. Les clichés ou banalités dispensent d’effort de création : c’est simple et tout le monde comprend. Mais ils gangrènent le discours, l’allongent inutilement et donnent l’image d’un orateur enclin à la médiocrité.

Dans la foulée, donnons un coup de cutter et supprimons :

– Les clichés, les pléonasmes,  le jargon, les lapalissades, les anglicismes à l’excès :

« L’ère de la communication », « le spectre du chômage », « un vibrant hommage », « au jour d’aujourd’hui », « regarder l’avenir en face » « les choses étant ce qu’elles sont », « collaborer ensemble » …

–       Les formules de politesse inutiles ;

–       Les introductions trop longues ;

–       Des idées creuses, toutes faites, abstraites ;

–       Les participes présents et les propositions relatives trop nombreux ;

–       Et généralement, tout ce qui empêche d’aller directement à l’essentiel.

 

Voilà. Ça, c’est fait !  😉

 

Geneviève

 

 

“La communication décalée, ça ne me fait pas rire DU TOUT !”

 

… Disent certains ronchons, mauvais coucheurs, arrogants en tout genre, pour qui la crédibilité doit frôler l’ennui.

« Décalée, décalée de quoi ? Mise à l’écart, retardée, différente ? Ou carrément fantasque ? Un message est un message, autant qu’il soit clair et concis, pas besoin de fioriture  », continuent-ils. Continuer la lecture de « “La communication décalée, ça ne me fait pas rire DU TOUT !” »

Bonjour, je m’appelle Monsieur Lenoir…

 

« Monsieur » Lenoir. Ca commence bien. Partout, dans le monde professionnel, on se présente en commençant par son prénom, mais le prof, non. Le prof est « Monsieur » ou  « Madame » quelque chose. Le prof n’a pas de prénom.

 

Depardieu Prof

Maintenant qu’il a  posé son statut, il prend un air de circonstance : il actionne sa ride du lion. Marque d’extrême concentration, mais aussi d’émotion négative permanente, jusqu’à être gravée dans le front, le sillon creusé entre les deux yeux est un signe de mise à distance.

Quand Parent est entré dans la classe pour l’entretien trimestriel avec Prof, il avait 35 ans. Après quelques secondes d’échange, Parent a 12 ans et sait qu’il va en prendre plein la figure. Il adopte rapidement une position de repli.

D’ailleurs, Prof a pris grand soin de faire asseoir Parent sur le banc d’écolier, tandis qu’il reste scotché derrière son bureau, sur l’estrade.

Et le banc d’écolier est bien peu adapté à la morphologie de Parent : il n’y tient que sur une fesse et ses genoux cognent le dessous de la table sous laquelle trainent sans doute quelques chewing-gum crasseux.

 

Noces blanches

C’est donc dans cette position extrêmement inconfortable que Parent encaisse une cascade de soupirs, reproches et de « vous devez comprendre »…

Vous devez comprendre…

– Que Rejeton doit avoir fait ses devoirs quand il arrive en classe (sous-entendu : tu peux vérifier ça tous les soirs après ta journée de travail ?)

– Qu’il doit avoir tout son matériel (Même si le cartable pèse déjà 7 kilos, on ajoutera bien un bouquin)

– Qu’il DOIT être motivé.

 

Parent est à cran. Il a déjà subi l’ire des profs il y a 20 ans, il pensait en être débarrassé. Et ça recommence…

« Il DOIT être motivé ! »

 

Euh… Ce n’est pas son boulot de motiver son gamin ? Ca ne fait pas partie de ses techniques d’appât ?  Parent doit-il dire à son rejeton,  tous les matins, alors qu’il a le dos tordu par son cartable de 7 kilos : « Aujourd’hui, sois motivé, rejeton ! »

 

Bruel Profs

Parent se mord les lèvres. La ride du lion de Prof, s’intensifie. Les sourcils se rapprochent et nous allons droit à la catastrophe.

Prof se braque, il pense que Parent est bien le même que sa progéniture, d’ailleurs, ça ne l’étonne pas.

En général, Prof n’aime pas les réunions de parents. Son truc, c’est les gamins, pas les parents qui lui demandent des comptes.

Et Parent croit toujours qu’il est unique au monde. Prof en a 25 comme lui, au bas mot, qui attendent derrière la porte,  pour « discuter ».

 

Prof déteste le parent :

– Qui croit que son enfant est tellement doué (ce glandeur)

– Qui dit qu’il va punir son fils extrêmement sévèrement (le petit a déjà bien du mal à s’en sortir)

– Qui explique à Prof comment faire son métier (de quoi je me mêle ?)

– Qui pense que LUI il bosse alors que Prof n’en fiche pas une (Tu veux venir donner cours à ma place pour voir ?)

– Qui se lamente : « si vous saviez comme c’est difficile avec lui » (oui, je sais, j’en ai 25 comme lui, voir plus haut)

 

Petite chronique d’une communication ratée

 

C’est mal parti. Et il est probable que ça se termine mal. On se dirige vers un mur d’incompréhension, avec son lot de frustrations, de mésententes, terreau de clichés en tout genre : les profs sont tous des paresseux qui ne travaillent que 6 mois par an, les parents donnent toujours raison à leurs enfants, les profs sont en dehors de la réalité professionnelle, les parents sont en dehors de la réalité scolaire, les profs ne pensent qu’à transmettre un savoir, sans aucune idée de la pédagogie, les parents…

Prof et Parent avaient pourtant le même objectif en se rencontrant : faire le point sur la scolarité de Rejeton et le faire progresser, pour qu’il rejoigne l’an prochain, ses camarades dans la classe supérieure. Ce n’est pourtant pas bien sorcier !

A partir de là, en toute logique, un plan d’action est décidé : qui fait quoi et comment pour motiver Rejeton ? Quelle stratégie mettre en place ? Comment et quand mesurer les résultats ? Comment adapter notre technique en tenant compte des spécificités de Rejeton ?

 

Mais nous nous heurtons souvent à la bataille d’égo entre « Monsieur » Lenoir, prof inaccessible qui ne donne évidemment pas son numéro de téléphone (faut pas pousser) ou son adresse e-mail (il n’en a pas) … : « écrivez un mot dans le journal de classe » et celle de Parent, amer, pétri de la même certitude depuis 20 ans : tous des cons, ces profs !

Geneviève

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Assumez !

 

Parmi les nombreuses ressources qui vous aideront à faire passer un message lors d’une prise de parole, la séduction en est une.

Pour séduire son public, faut-il le caresser dans le sens du poil, lui dire ce qu’il a envie d’entendre ? Non, évidemment. La séduction prend parfois des chemins inattendus, voire opposés : le discours « je marche sur des œufs » est agaçant au plus haut point.

 

N’oubliez pas : le public s’est déplacé, a pris du temps pour vous écouter, supprimant sans hésiter une heure de travail, de shopping, de papote autour d’un verre, de rendez-vous amoureux, parce qu’il pense que ça vaut vraiment la peine d’assister à votre présentation.

Si vous lui sortez un discours sirupeux, consensuel et insipide, non seulement il aura perdu son temps mais risque de vous en vouloir.

Et ce n’est vraiment pas le moment de braquer le public ! Vous êtes déjà stressé, pas la peine d’en rajouter.

Le public aime entendre votre point de vue, il préférera vous voir défendre vos idées avec acharnement plutôt que de réciter une suite de mesures.

Si vous avez bien préparé votre intervention, votre message est clair et votre objectif, limpide.

Rappel pour les distraits : Un objectif n’est pas « donner une information ». Ca, c’est un moyen de l’atteindre. Votre objectif, c’est de changer un comportement, provoquer une réaction, susciter l’adhésion, motiver… 

Sinon, à quoi bon ?

Et ne vous attendez à aucun changement si vous êtes banal et terne. Tout au plus provoquerez-vous des bâillements et de l’agacement. « Je me suis tapé cette conférence alors que j’aurais pu rester chez moi/aller au resto/préparer ma réunion… »

Assumez !

Le public adore les orateurs qui s’engagent ! (Avec finesse, pas comme un bulldozer).

Souvenez-vous quand vous étiez petit, ceux qui gémissaient : « c’est pas ma faute, c’est lui qui a commencé », ça vous horripilait. Ne soyez pas celui qui n’est responsable de rien, le mou, qui suit le mouvement, qui n’a pas d’opinion. Et si cette description vous ressemble, surtout ne m’obligez pas à prendre du temps pour vous écouter.

Assumez votre présence en public, affirmez-vous, emportez-nous dans votre univers, faites-nous parcourir les méandres de vos convictions, découvrez-vous, éblouissez-nous avec vos expériences, scotchez-nous à notre chaise !

Je terminerai par cette histoire : lors d’une réunion des parents au début de l’année scolaire, un directeur, qui, par ailleurs, était plutôt un brillant orateur, a lâché : « les tatouages et piercings sont interdits au sein de l’école. Ce n’est pas notre choix, nous n’avons rien contre les tatouages et les piercings. Mais comprenez bien que c’est la société qui veut ça. Il est plus difficile de trouver un emploi lorsqu’on est tatoué ! »

Ces mots ont laissé les parents interloqués.

Ils auraient tellement préféré : « les tatouages et piercings sont interdits chez nous. C’est comme ça, ça fait partie du règlement intérieur. » Sous-entendu : si ça ne vous plait pas, allez ailleurs, plutôt que de voir dans le directeur d’école, le petit garçon geignard qui n’est jamais responsable de rien.

Geneviève