7 astuces hyper efficaces pour réussir ses examens oraux

Même quand on est mort de trouille et qu’on pense que c’est fichu

 

Les sous-doués de Claude Zidi

1. Répétez à voix haute

Ça, c’est LA BASE et c’est souvent négligé. Se préparer à un examen oral sans répéter à voix haute, c’est comme passer son permis de conduire sans être jamais monté dans une voiture. Ah non, ce n’est pas drôle de parler seul·e, surtout au début. Mais ça rapporte gros. Ce sera aussi le moment de travailler vos formulations de phrases, d’aller droit au but, etc.  Petit à petit,  vous prendrez de l’assurance et adieu bredouillements et bégaiements : votre voix sera bien plus limpide !

2. Chantez votre cours, dans la douche ou en dansant

Chanter ? Oui, chanter. Ça aide à la mémorisation. Hurler aussi et même danser en récitant. Vous allez dynamiser votre cerveau. Montez les escaliers en répétant à voix haute les noms de Présidents des Etats-Unis dans l’ordre et descendez-les en chantant le tableau de Mendelïev. En plus ça va vous dégourdir les jambes, ça ne va pas faire de tort !

3. Faites la liste de toutes les questions, même les questions improbables

Pour répondre aux questions qui vous seront posées, il ne suffit pas d’étudier son cours. Il faut… répondre aux questions. Donc, une fois que vous êtes imprégné·es de votre cours, dressez la liste des questions auxquelles vous répondrez, à voix haute bien sûr. Même les plus improbables et les plus stupides. Même les questions piège, Celles qui peuvent complètement vous mettre dedans ! Vous pouvez le faire en groupe, c’est sympa.

4. Expliquez l’intitulé du cours

En parlant de question improbable, en voici une à laquelle on ne pense pas souvent mais qui revient parfois (et je conseille aux profs qui me lisent de la poser, ça vaut de grands fous rires) : Pouvez-vous expliquer l’intituler du cours ? Allez, en quelques mots, qu’est-ce que l’histoire de la philosophie ?  Ben… Euh…

5. Imaginez le pire

Ça ne sert à rien de vous rassurer si vous pensez déjà que ça risque de mal se passer. Faites alors le contraire : imaginez  tout ce qui peut arriver de pire.

  • Le prof n’est pas seul mais accompagné d’un autre que vous détestez (et qui vous a dans le collimateur depuis longtemps).

 

Les sous-doués de Claude Zidi
  • Il ne vous écoute pas, lâche un “mmmmh” de temps en temps, ou au contraire ne vous lâche pas du regard.
  • Elle fait non de la tête, grimace, et pousse des soupirs d’exaspération, et finit par un « bon, bon bon… ce n’est pas terrible tout ça… »

Quand vous imaginez le pire, (puisque de toute façon vous allez le faire), ne vous autorisez ce plaisir de torture qu’à voix haute et avec des amis. N’hésitez pas à imiter le prof en exagérant ses travers, ça fait un bien fou. Effet anti-stress garanti !

 

Les sous-doués de Claude Zidi

Le jour J 

6. Prenez la pose, la POWER POSE  

Bien sûr, juste avant des passer un examen, on n’a pas envie de fanfaronner, on a l’allure molle, les cernes jusqu’au sol, les bras ballants et la sueur au front. Réveillez-vous les petits loups ! Ce n’est pas le moment de montrer tous vos mauvais côtés d’un coup ! Il vous viendrait à l’idée de vous présenter de la sorte, comme une pauvre chose cassée lors d’un premier rendez-vous amoureux. Bien sûr que non. Et là, c’est pareil. Sautez sur place et imaginez que vous avez déjà réussi votre examen. Et brillamment en plus.

Au lieu d’être rivé sur votre smartphone ou vos feuilles, en position fœtale, avant d’être soumis à La Question, redressez-vous, parcourez le couloir sinistre d’un pas fier. Levez la tête et emmagasinez de la testostérone et de l’audace avant d’ouvrir la porte.

7. Devant le prof : pas de soumission !

Une fois devant le prof, ne flanchez pas. Lancez un bonjour franc (franc, j’ai dit, pas arrogant !) et placez-vous bien au fond de la chaise (pas avachi non plus, juste au fond). Ne placez jamais, au grand jamais, vos mains sous la table et encore moins entre vos cuisses. Laissez-les sur la table, comme si vous deviez prendre vos couverts.

Si vous devez rester debout, tenez-vous bien droit et pensez que vous êtes le roi ou la reine de Prusse, donc pas de balancement, ni de croisement de jambes.

Ne vous placez pas en soumission, jamais. C’est détestable pour le prof et ça donne leur envie de vous torturer un peu avec des questions tordues. Ne les tentez pas !

Un bonus ?

Afin d’activer toutes vos ramifications cérébrales, pensez à mettre la musique à fond et à chanter et danser toutes les 2 heures, quand vous êtes en blocus.

Vous en voulez plus ?

Avant les examens de juin, lisez ces deux livres géniaux ci-dessous, et apprenez tout et bien plus, sur la prise de parole en public.

Allez, dansez et puis au boulot !

Geneviève

 

 

Un coaching en prise de parole, comment est-ce que ça se passe ?

On hésite souvent à faire appel à un coach pour quoi que ce soit : trop cher, trop risqué, peut-être inutile, et puis, en ce qui concerne la prise de parole en public,  on peut sûrement se débrouiller sans aide, après tout, parler, on le fait bien seul·e depuis longtemps.

Et pourtant quelques séances de coaching peuvent faire une sacrée différence quand vous prenez la parole en public, que vous animez une réunion, que vous devez motiver une équipe, passer un examen oral ou un entretien d’embauche.

Vous hésitez encore ?

Voici les questions que vous vous posez peut-être avant de sauter le pas. Si vous en avez d’autres, écrivez-les en commentaire, nous y répondrons rapidement.

Quel bénéfice est-ce que je vais en tirer ?

  • Une aptitude à convaincre avec une communication adaptée à vos interlocuteurs
  • Une capacité à vous exprimer comme si vous improvisiez
  • Une aisance en public, quelles que soient les circonstances, sans stress
  • Une communication plus fluide avec vos collaborateurs
  • De la confiance en vous, et en plus,  qui se voit à travers vos paroles et votre attitude
  • Et d’après ceux et celles qui ont suivi un coaching en prise de parole : une énorme différence sur le long terme.

Est-ce que c’est cher ?

Tout dépend de la durée du coaching et de l’énergie que vous y mettez. S’il ne vous faut que quelques séances ou si vous en désirez beaucoup, si nous devons ou pas nous déplacer. Parlons-en, à travers le formulaire de contact. Souvent nous entrerons en communication par téléphone avant de commencer.

Est-ce que c’est difficile ou stressant ?

On vous dit la vérité : c’est une partie de plaisir, on rit beaucoup aussi. Nous n’allons pas vous stresser au moment précis où vous avez besoin d’un coup de main. Par contre oui, il va falloir travailler.

Est-ce que c’est utile si je suis déjà à l’aise ?

On peut être à l’aise en public mais avoir une communication opaque ou trop dense. Être à l’aise n’est pas une fin en soi. Mais motiver, fédérer, captiver, convaincre, si.  Mais si vous êtes à l’aise,  c’est déjà un très bon début.

Et au contraire, si je suis hyper timide, est-ce possible ?

Bien sûr. Une fois les premières secondes passées, vous allez voir comme vous serez content·e d’être là.

Est-ce que je peux venir accompagné ?

Sérieusement, c’est mieux de venir seul·e, en face à face avec la personne qui vous coache. Le contact s’établira plus facilement et les résultats seront plus rapides.

Est-ce qu’on est filmé ?

Oui, mais pas toujours. Les vidéos sont effacées à la toute fin des séances. Mais vous pouvez demander à les conserver. Tout ce qui se passe en séance est confidentiel.

Ça va prendre combien de temps avant de voir les résultats ?

Tout dépend de l’énergie que vous mettrez pour atteindre votre objectif. Vous verrez déjà une belle différence après une première séance.  Mais comptez minimum 5 séances pour que les apprentissages soient ancrés.

Est-ce qu’on a du travail à effectuer entre les séances ?

Le travail que nous faisons en séance est important mais ce que vous préparez en dehors des séances est encore plus important.

Ah justement, les séances durent combien de temps ?

Minimum 2 h30 de travail intense. Oui c’est épuisant, mais vous en sortirez ravi·e.

Est-ce que je dois apporter quelque chose ?

Si vous le désirez nous pouvons travailler sur vos présentations, avec ou sans PPT

J’ai une présentation en public dans 3 jours. C’est trop tard ?

Oui et non. Nous avons des formules de « rapide coaching » pour les urgences. Mais après, revenez pour effectuer un travail en profondeur.

En résumé : c’est du boulot, mais du boulot enthousiasmant. Et croyez-le ou pas, avec 25 ans d’expérience, je peux vous le dire : comme pour le permis de conduire, si vous vous entrainez vraiment, vous pouvez devenir un excellent orateur ou une fabuleuse oratrice !

Bon alors, je vous appelle ?

À tout de suite !

Contact

 

Mais qu’est-ce que je dois faire de mes mains ?

 

Dès que vous prenez la parole, vous vous demandez ce que vous aller faire de vos mains ?

Voici un petit truc sympa pour régler ce souci une fois pour toutes, en 10 minutes. C’est un exercice tout droit sorti du livre “97 exercices pour prendre la parole, n’importe où n’importe quand et avec (presque) n’importe qui”, écrit en duo avec l’incroyable Chilina Hills, et paru aux éditions Eyrolles :

C’est cadeau. Mais il ne suffit pas de lire pour que ça fonctionne, jouez-le à fond ! Résultat garanti !

Exercice 13 – Le pantomime 

Avertissement : risque de fou rire, tout seul.

Durée : 10 minutes de pur bonheur.

Matériel : vos mains. Les deux.

Objectif : joindre le geste à la parole, enfin !

 

Illustration : Leslie Plée

Le pantomime est un acteur qui ne s’exprime que par le geste, la mimique. C’est dans sa peau que vous allez vous glisser pour cet exercice.

Choisissez un texte sur Wikipédia.

De notre côté, nous avons sélectionné « Tri des déchets » (mais « Escargot » ou « Carotte » feront l’affaire) et voici sur quoi nous tombons : 

« Le tri des déchets et la collecte sélective sont des actions consistant à séparer et récupérer les déchets selon leur nature, à la source, pour éviter les contacts et les souillures. Ceci permet de leur donner une “seconde vie”, le plus souvent par le réemploi et le recyclage évitant ainsi leur simple destruction par incinération ou abandon en décharge et, par conséquent, de réduire l’empreinte écologique. »

L’exercice consiste à lire le texte à voix haute, tout en le mimant. Mais pas mimer un peu, allez-y gaiement. Presque mot par mot, ne mimez pas uniquement l’idée globale.

Commençons par « tri », où vous pouvez montrer un geste de séparation. Nous vous laissons imaginer comment mimer « déchet ». Continuons avec « collecte », puis « sélective ».

C’est grotesque et ça ne veut rien dire ? C’est exactement ce que nous voulons.

Et n’oubliez pas que vous êtes seul devant l’écran. Ne faites pas ça lors d’une présentation solennelle.

Levez-vous maintenant et continuez à lire et à mimer au moins cinq lignes.

Vous allez voir que votre corps commence à prendre de la place. Détachez bien les bras du tronc, faites des gestes de plus en plus amples, placez vos pieds dans le sol, suffisamment écartés pour que ce soit confortable et continuez à mimer, tout en parlant.

97 exercices pour prendre la parole, c’est ici :

 

 

Soignez les détails et fermez votre braguette !

 

Nous sommes principalement des êtres visuels. Lorsque nous entrons en communication avec une personne que nous ne connaissons pas, nous allons davantage être interpellé par des détails de son aspect physique que par ses paroles. Un bouton cassé va retenir toute notre attention.

Nous connaissons également bien l’effet de supériorité de l’image. Les images sont, on le sait, bien mieux mémorisées que les mots.

Nous constatons aussi que si les images nous attirent, l’aspect visuel d’un orateur, par exemple, provoque une réaction plus vive dans notre cerveau que son discours.

Faites passer une femme superbe dans une réunion d’hommes, même très concentrés et il est probable que l’un d’eux bredouille, qu’un autre se gratte le cou, que le troisième renverse sa tasse de café…

Faites passer une femme moins superbe dans une réunion d’hommes et ils resteront concentrés.

La même expérience avec un homme sublime fonctionne aussi dans un groupe de femmes, évidemment.

Bref, nous le savons : nous retenons davantage nos cours d’Histoire si nous avons vu un film sur Napoléon ou un documentaire sur les guerres puniques. Un Powerpoint sera plus apprécié, compris et mémorisé si il est illustré et il est plus facile d’étudier quand les profs ajoutent des photos et des vidéos à leurs cours.

Lorsque nous prenons la parole en public, il faut donc s’attendre à ce que l’on nous regarde avant de nous écouter.

Et le moindre couac visuel va distraire le public et l’éloigner de votre message.

Ce n’est pas le moment d’avoir une tache de sauce tomate sur sa chemise, une cravate vert pomme, un décolleté trop plongeant ou une feuille de persil entre les dents. Si vous voulez que le public vous écoute, il va falloir soigner les détails.

 

J’ai pourtant bien tenté de rester concentrée sur le discours prononcé par la personne ci-dessous, mais l’image perçue et le petit détail oublié ont mobilisé toutes les ressources de mon intelligence. Je ne pense pas être la seule à n’avoir absolument rien écouté de sa présentation. Et je me demande ce que ses collègues ont répondu quand il est descendu de scène, demandant un avis sur sa performance…

Braguette

 

Ça me va bien de faire la leçon, me direz-vous…

Lors de mon passage à la télévision, pensant bien qu’il fallait prendre soin de mon image, j’ai laissé tomber mon collier. Sur le micro, évidemment, pour ajouter une petite touche de son délicat.

Si je voulais tenter une expérience et examiner le taux de commentaires « contenu/contenant », j’étais servie.

bqe90

 

De mémoire, voici grosso modo les résultats :

Parmi ceux qui ont regardé la séquence, qui m’ont soit téléphoné, soit écrit un message sur les réseaux sociaux ou par mail :

90% m’ont parlé du collier

Dans les 10% restants, certains n’avaient rien remarqué, ou avaient pris la séquence en cours ou encore n’ont pas osé en parler.

La moitié de ces 90% n’a pas du tout évoqué la raison pour laquelle j’étais interviewée, se focalisant uniquement sur ce malheureux bijoux cassé.

 

Attention, je parle seulement d’un collier qui tombe, pas d’une bombe qui explose, non. Juste un « petit truc anodin »…

Imaginez donc s’il s’était agit d’une panne d’électricité, ou d’une chute de l’orateur.

 

Que faire donc s’il vous arrive ce type de mésaventure ? Ça ne sert à rien que le nier, tout le monde a vu que votre chemisier devenait transparent sous les spots, que dans l’empressement vous avez mis votre robe à l’envers, que votre pantalon a craqué lorsque vous vous êtes baissé, que vous avez marché dans la boue en sortant de votre voiture, que le verre d’eau que vous venez de prendre en main n’a pas trouvé le chemin de votre bouche mais celui de votre chemise…

 

Faites preuve d’humour et d’humilité. Riez-en avec le public. Rendez-le complice.

–       Depuis le temps que je porte des chemises blanches, je sais pourtant très bien qu’il faut éviter la Bolognaise.

–       J’étais tellement pressé de venir vous voir que la manche de ma veste a préféré sortir de la voiture toute seule.

–       J’ai mangé de l’ail ce midi pour être sûr que personne ne me pose aucune question de trop près.

–       Mon enthousiasme à l’idée de venir vous parler n’a pas chu en même temps que moi en montant les marches.

 

Vous dissiperez immédiatement tout malaise. Et bonus : on vous trouvera sympathique.

Geneviève

 

Les lieux communs : de béates platitudes

 

Les lieux communs sont coriaces! Ils s’intègrent dans nos conversations, on les retrouve en masse sur les réseaux sociaux, on les maudit, on ricane de ceux qui en abusent mais ils se faufilent toujours insidieusement dans notre bouche. Ils semblent immortels, plus présents encore lorsque nous sommes fatigués, ils sont à bout de langue, toujours prêts à donner de nous une image d’aculturé.

En voici que l’on peut entendre fréquemment. Imaginez que je choisisse un texte connu (je vous laisse deviner) et que je le moisisse avec une mixture de lieux communs. Ça donnerait à peu près ceci :

Robert Powell dans Jésus de Nazareth, 1977
Robert Powell dans Jésus de Nazareth, 1977

 

Les béates platitudes.

« Je suis très honoré de prendre la parole aujourd’hui.  Je n’irai pas par quatre chemins. On ne va pas refaire le monde mais je me permets de dire que ceux qui ont une âme de pauvre, enfin je veux dire : de très pauvre,  seront heureux. Oui, ils seront heureux. Parce que figurez-vous,  le Royaume des Cieux est à eux. Bon évidemment, un cas n’est pas l’autre. Il y a pauvre et pauvre. Je pense néanmoins être l’homme de la situation pour vous annoncer cela, que dis-je, qui doit !

De même, je n’exagère pas en disant que les affligés seront heureux aussi, et qu’ils seront très bientôt consolés, ça a toujours été le cas pour les affligés. La roue tourne, c’est la vie.

Je sais que je ne me ferai pas que des amis mais je pense personnellement que les doux seront heureux aussi, car ils posséderont la terre. C’est comme ça, c’est comme ça. Rien de nouveau sous le soleil.

Bon,  puisqu’on y est, on ne va pas faire les choses à moitié : heureux les affamés et assoiffés de la justice : ils seront rassasiés. Oui, il faut de tout pour faire un monde, je n’invente rien.

Au risque de choquer, (il ne faut pas se voiler la face) : heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Et ce jour sera à marquer d’une pierre blanche !

Les choses étant ce qu’elles sont, j’ajouterais : heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. A qui je rends ici un vibrant hommage. Moi-même, je l’ai vu de mes propres yeux. Et nous collaborons même très étroitement.

Je ne vais pas vous assommer avec des répétitions mais au jour d’aujourd’hui, nous pouvons dire sans risquer de trop nous tromper : heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.  Oui, fils de Dieu ! Appelons un chat, un chat !

Et regardons l’avenir en face : que les persécutés pour la justice soient heureux, car le Royaume des Cieux est à eux. Là il faut vraiment faire quelque chose pour les persécutés. C’est un impératif absolu.

Et je m’en voudrais d’oublier de vous dire : heureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toutes sortes d’infamies à cause de moi. C’est le vœu que je formule. Sincèrement. Voilà. J’ai fini. »

Indigeste ! Et pourtant, très courant à un dosage plus respectable. Les clichés ou banalités dispensent d’effort de création : c’est simple et tout le monde comprend. Mais ils gangrènent le discours, l’allongent inutilement et donnent l’image d’un orateur enclin à la médiocrité.

Dans la foulée, donnons un coup de cutter et supprimons :

– Les clichés, les pléonasmes,  le jargon, les lapalissades, les anglicismes à l’excès :

« L’ère de la communication », « le spectre du chômage », « un vibrant hommage », « au jour d’aujourd’hui », « regarder l’avenir en face » « les choses étant ce qu’elles sont », « collaborer ensemble » …

–       Les formules de politesse inutiles ;

–       Les introductions trop longues ;

–       Des idées creuses, toutes faites, abstraites ;

–       Les participes présents et les propositions relatives trop nombreux ;

–       Et généralement, tout ce qui empêche d’aller directement à l’essentiel.

 

Voilà. Ça, c’est fait !  😉

 

Geneviève

 

 

“La communication décalée, ça ne me fait pas rire DU TOUT !”

 

… Disent certains ronchons, mauvais coucheurs, arrogants en tout genre, pour qui la crédibilité doit frôler l’ennui.

« Décalée, décalée de quoi ? Mise à l’écart, retardée, différente ? Ou carrément fantasque ? Un message est un message, autant qu’il soit clair et concis, pas besoin de fioriture  », continuent-ils. Continuer la lecture de « “La communication décalée, ça ne me fait pas rire DU TOUT !” »

Assumez !

 

Parmi les nombreuses ressources qui vous aideront à faire passer un message lors d’une prise de parole, la séduction en est une.

Pour séduire son public, faut-il le caresser dans le sens du poil, lui dire ce qu’il a envie d’entendre ? Non, évidemment. La séduction prend parfois des chemins inattendus, voire opposés : le discours « je marche sur des œufs » est agaçant au plus haut point.

 

N’oubliez pas : le public s’est déplacé, a pris du temps pour vous écouter, supprimant sans hésiter une heure de travail, de shopping, de papote autour d’un verre, de rendez-vous amoureux, parce qu’il pense que ça vaut vraiment la peine d’assister à votre présentation.

Si vous lui sortez un discours sirupeux, consensuel et insipide, non seulement il aura perdu son temps mais risque de vous en vouloir.

Et ce n’est vraiment pas le moment de braquer le public ! Vous êtes déjà stressé, pas la peine d’en rajouter.

Le public aime entendre votre point de vue, il préférera vous voir défendre vos idées avec acharnement plutôt que de réciter une suite de mesures.

Si vous avez bien préparé votre intervention, votre message est clair et votre objectif, limpide.

Rappel pour les distraits : Un objectif n’est pas « donner une information ». Ca, c’est un moyen de l’atteindre. Votre objectif, c’est de changer un comportement, provoquer une réaction, susciter l’adhésion, motiver… 

Sinon, à quoi bon ?

Et ne vous attendez à aucun changement si vous êtes banal et terne. Tout au plus provoquerez-vous des bâillements et de l’agacement. « Je me suis tapé cette conférence alors que j’aurais pu rester chez moi/aller au resto/préparer ma réunion… »

Assumez !

Le public adore les orateurs qui s’engagent ! (Avec finesse, pas comme un bulldozer).

Souvenez-vous quand vous étiez petit, ceux qui gémissaient : « c’est pas ma faute, c’est lui qui a commencé », ça vous horripilait. Ne soyez pas celui qui n’est responsable de rien, le mou, qui suit le mouvement, qui n’a pas d’opinion. Et si cette description vous ressemble, surtout ne m’obligez pas à prendre du temps pour vous écouter.

Assumez votre présence en public, affirmez-vous, emportez-nous dans votre univers, faites-nous parcourir les méandres de vos convictions, découvrez-vous, éblouissez-nous avec vos expériences, scotchez-nous à notre chaise !

Je terminerai par cette histoire : lors d’une réunion des parents au début de l’année scolaire, un directeur, qui, par ailleurs, était plutôt un brillant orateur, a lâché : « les tatouages et piercings sont interdits au sein de l’école. Ce n’est pas notre choix, nous n’avons rien contre les tatouages et les piercings. Mais comprenez bien que c’est la société qui veut ça. Il est plus difficile de trouver un emploi lorsqu’on est tatoué ! »

Ces mots ont laissé les parents interloqués.

Ils auraient tellement préféré : « les tatouages et piercings sont interdits chez nous. C’est comme ça, ça fait partie du règlement intérieur. » Sous-entendu : si ça ne vous plait pas, allez ailleurs, plutôt que de voir dans le directeur d’école, le petit garçon geignard qui n’est jamais responsable de rien.

Geneviève

 

 

 

Clips de campagne, lip dub, ça rapporte ?

L’air fraichit, l’herbe est brillante et les oiseaux ont l’âme voyageuse. Ça sent bon la campagne. Non plus celle, morne et terriblement prévisible des années précédentes, mais celle, qui en musique, scande « votez pour moi, p…p…p…pour moi ! »

Pas un matin ne passe sans que nos journaux et réseaux sociaux ne nous présentent l’un ou l’autre clip de campagne. Ils sont tournés en plan séquence le plus souvent, en playback plus ou moins réussi et en musique toujours.

Et qu’y a-t-il de plus amusant à regarder qu’un clip de campagne, affalé dans son canapé, un café à la main ? Dites-moi ?… Les nombreux commentaires des internautes, pardi !

Tout clip confondu, on peut lire, sous la vidéo, pas mal de railleries, mais aussi quelques propos offusqués,  et à vrai dire, peu de « Génial, j’adore ! ».

Alors, d’où vient cet engouement, cet envie pressante de se cliper en musique, après s’être étalé en affiche ? Que cherchent vraiment les candidats, outre le plaisir du déhanchement collectif ? Et surtout, ce moment en vidéo, va-t-il ouvrir le sésame de l’urne pleine ?

L’ampleur du phénomène mérite de se poser quelques questions.

Le lip dub, proprement dit, et sous cette dénomination, est une trouvaille de Jake Lodwick, fondateur de Vimeo, qui avait trouvé amusant, en 2006, de se filmer dans la rue en train de chanter avant de doubler sa voix. Celui, très regardé, des étudiants de l’université de Québec, sur la musique des  Black Eyed Peas, a donné le coup d’envoi et ouvert une brèche dans la créativité lipdubienne. Ces premiers clips se veulent bon enfant, création et amusement étant leur gouvernail.

Ce ne fut pas forcément le cas de ceux qui suivirent, revendiquant une cause, mettant en exergue un conflit, portant à bout de playback une opinion précieuse.

A partir de là, tout était possible. Gardant la ligne droite de « bonne humeur », le lip dub parcourt un chemin entre cohésion d’équipe, demande en mariage, mise en valeur d’une entreprise, éloge (pas encore funèbre, mais il y a de l’idée…)

Le clip chanté ne serait donc que l’arrière petit-fils de l’épopée, de la chanson de gestes, du dithyrambe, de l’épithalame et j’en passe…

Mais que veut vraiment notre candidat chanteur ? Au hasard : faire sourire, se démarquer, informer de son programme…

Et qu’en est-il vraiment ?

Si le lip dub provoque un sourire, on voit qu’il est souvent teinté de sarcasme.

Le candidat se fait effectivement remarquer, oui. Mais plus l’outil est utilisé et généralisé, moins il est original. Le clip risque de se noyer dans la masse.

Un peu comme le programme, étouffé par les rires, au pire, camouflé par la musique, au mieux.

Donc, reprenons : que cherche vraiment le candidat ?

Etre élu ! Mais sans passer pour un clown. Il tient donc à asseoir sa crédibilité en donnant un aperçu de ses compétences. On est loin du « votez pour moi parce que j’assure au karaoké » !

Pour cela, il est effectivement capital de sortir de la multitude. Chose plus aisée pour le candidat en tête de liste que pour le numéro 23 ou 42 qui en est à son premier coup.

Hum… se démarquer sans perdre en crédibilité… Pas simple. Mais peut-être peut-on gagner en proximité ? Un lip dub mal fagoté offre un arrière goût de « je suis comme vous » (sous-entendu : j’ai peu de matériel parce que ce n’est pas mon métier et que je n’ai pas de temps à perdre dans les finitions, en fait, c’était juste pour rire).

Bon, j’arrête de critiquer. Si vous êtes vraiment tenté par l’expérience, de grâce, faites ça bien. C’est à dire :

– Posez-vous les bonnes questions. Si vous avez lu « la parole en public pour les timides, les stressés et autres tétanisés », vous avez peut-être retenu qu’il y a une différence entre objectif : « qu’est ce que je veux obtenir/provoquer » et message : « qu’est-ce que je veux qu’ils retiennent de mon intervention ».

– Ajoutez-y une intention d’image : « J’aimerais qu’ils me trouvent sympa/compétent/arrogant/ridicule » (Biffez…)

– Trouvez une musique qui correspond à votre message (pas à votre objectif !) et là…attention. Evitez absolument la chanson dépassée de peu. Celle qui nous a noyé les oreilles il y a un an ou deux. Préférez le tube international ou carrément celui d’il y a 20 ans.

L’important est qu’il parle à tous. Que sa musique soit associée à un souvenir agréable (ce qui n’est jamais le cas de la chanson pas trop récente).

La musique est un excellent facilitateur de mémorisation. Un déclencheur d’émotion. Choisissez-là avec soin, ce n’est vraiment pas un élément à négliger.

– Ne négligez pas plus que l’équipe de tournage (des pros) de montage (idem) et de diffusion.

– Et surtout : donnez tout ! Ne faites pas les choses à moitié. Vous voulez vous faire remarquer, alors, lâchez-vous. Il n’y a rien de pire qu’un sourire de malaise dans un lip dub, qu’un petit pas gêné. Vous allez faire les choses à fond ! Et faire les choses à fond, c’est aussi une compétence que vous voulez mettre en avant non ?

 

Au boulot!

 

Geneviève

Comment gérer le brouhaha quand vous parlez en public ?

 

Vous avez rédigé votre intervention avec soin. Vous l’avez relue plusieurs fois, peut-être même devant des amis, dans votre bureau. Ils vous ont écouté attentivement et vous ont dit : « oui, c’est bien ».

« Oui, c’est bien » : le petit mot qui vous a donné confiance, vous pouvez donc vous lancer devant un public plus important. Continuer la lecture de « Comment gérer le brouhaha quand vous parlez en public ? »